Nos alliances

Chers toutes et tous,

Certains le savaient, nous nous sommes rendus fin mai en banlieue parisienne, à Vétheuil, aux portes du Vexin, pour y passer un week-end prolongé chez Ian, un ami du monde du jeux, directeur artistique de mon premier jeu, et Noémie, sa future épouse, artisan joaillère de son état (vous aurez d'ailleurs la chance de les rencontrer le 12 juillet). Avec comme activité principale au programme : la fabrication de nos alliances, sur la base de modèles torsadés, sélectionnés par nos soins et validés par Noémie. 

A notre arrivée dans la capitale, remis de notre périple ferroviaire (merci aux taxis ayant bloqué l'accès à la gare d'Aix), nous allâmes d'abord dans l'atelier parisien de Noémie, situé dans le 9è arrondissement, sous les toits. La vue sur le Sacré-Coeur, quasi imprenable (maudite cheminée sur l'immeuble voisin), et l'atmosphère régnant dans le petit appentis nous mirent tout de suite dans le bain : ce week-end s'annonçait féérique...

Après une nuit de repos dans la Villa Ad Sidera, anciennement très prisée dans la région (demandez donc son histoire à Ian à l'occasion...), nous attaquâmes les choses sérieuses tôt le vendredi matin, dans l'atelier que Noémie s'est créée chez elle.
La première étape, la plus impressionnante et la plus symbolique, consista à fondre l'or blanc. A l'aide d'un chalumeau, nous chauffâmes une ancienne alliance et des petites billes d'or blanc fournies par Noémie, placées dans un creuset, jusqu'à obtenir une seule bulle d'or blanc, plutôt de couleur rose-rouge. L'image des petites billes se retrouvant absorbées par la grosse bulle nous fit clairement penser au T1000 dans Terminator... Puis, d'un mouvement précis et rapide, l'or blanc en fusion fut versé dans un réceptacle en métal afin de le figer en un petit lingot (bon, nous eûmes recours à plusieurs essais car les premiers gestes furent légèrement tremblants et approximatifs). 
 

Dès le lingot refroidi et nettoyé dans un bain d'acide, nous commençâmes à le laminer pour en réduire la section, comme le ferait un "Pataïolo" pour  fabriquer des pâtes ou des raviolis. Mais avec une contrainte majeure : toujours insérer le lingot dans le même sens dans le laminoir sous peine de devoir le refondre. Après de nombreuses minutes de laminage à froid, de musclage de biceps et de réchauffage intermédiaire pour "ramollir le lingot" (qui restait quand même dur), nous obtînmes une tige d'or blanc de section carrée, d'une dizaine de centimètres de long. 
L'étape suivante consista à scier la tige en 2 morceaux, un de 3 cm environ pour la bague de Stéphanie et un de 7 cm pour la mienne. Pour cela, nous utilisâmes une scie à bijoux, appelée aussi bocfil, avec des lames tellement fines que les dents étaient à peine visibles à l'oeil nu.
 
 
Une fois chacun avec sa bague (enfin, il était encore dur à ce moment de les visualiser...), nous reprîmes de plus belle notre laminage. Stéphanie continua de réduire la section carrée de son bout d'or blanc, jusqu'à atteindre la taille calculée à l'avance par Noémie. Quant à moi, je changeai de laminoir pour passer à une section rectangulaire, puis réduire les extrémités, la partie centrale devant garder une certaine épaisseur pour permettre la sculpture de mon alliance, mais j'y reviendrai plus tard. Nous formâmes enfin la torsade de la bague de Stéphanie à l'aide d'un étau et d'une pince. Voir la matière se tordre ainsi et préfigurer du résultat final fut un moment intense... 
 

L'étape suivante allait nous permettre de faire un grand pas sur la visualition du résultat final. A l'aide de pinces, maillets et autre moule métallique, nous arrondîmes pas à pas les tiges, en rapprochant leurs extrémités, jusqu'à obtenir des anneaux au diamètre recherché. Après avoir scié le surplus de matière et joint les extrémités, les anneaux étaient prêts à être soudés.
  
 
Nous chauffâmes de nouveau les alliances. A l'aide de fines lamelles d'or blanc découpées aux ciseaux, qui se transforment en petites billes au contact de la flamme, nous soudâmes les extrémités entre elles en insérant les dites billes à la jonction. Ainsi prenaient vie nos alliances.
Mais le travail était loin d'être terminé. A l'aide d'un maillet et d'un tribulet, nous terminâmes de donner une forme bien arrondie à nos anneaux, au diamètre souhaité. Je dus même utiliser un réducteur pour palier à une demi-mesure de trop. C'est assez barbare comme machine mais efficace ! Puis nous limâmes les bords et l'intérieur des alliances afin de casser les angles et d'assurer un confort de port. 
 

Alors que Stéphanie s'attaquait à la pré-finition de son alliance, Noémie et moi nous lançames dans la torsade de ma bague, son épaisseur ne permettant pas de la réaliser mécaniquement. A l'aide de plusieurs limes, de beaucoup de savoir-faire et de patience, nous ébauchâmes d'abord, dégrossîmes ensuite puis affinâmes la sculpture, non sans régulièrement se concerter pour valider les formes. J'avoue avoir laissé Noémie faire le plus gros, mes capacités artistiques étant très limitées... à part pour créer des jeux de société !
 
 
Et soudain, à l'issue d'une journée que nous ne vîmes pas passer, le résultat de notre travail et du savoir-faire de notre amie joallière brilla de mille feux sous nos yeux ébaubis...
 

Après un moment de détente à visiter les jardins de Giverny, nous retournâmes dans notre chère Provence, le sourire aux lèvres... mais sans nos alliances. 
En effet, Noémie avait encore du travail de finition, notamment un traitement mécanique pour donner une texture différente à l'une des faces de la torsade, et le polissage. Mais quelques jours plus tard, nous eûmes l'immense joie de recevoir une photo des alliances terminées, avant envoi à la gravure. Et que dire... nous avons hâte de nous les passer aux doigts !
 

Un énorme merci à Noémie pour avoir rendu cela possible. Et rendez-vous le 12 juillet pour découvrir nos alliances !

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